Parce que les pépins de pommes ont du goût…

août 26th, 2011 by L'épicurieuse Categories: Les livres se dévorent... No Responses
Parce que les pépins de pommes ont du goût…

Si si…on plonge son nez dedans…on hume les saveurs, on respire les bonnes odeurs…On le dévore, on se lèche les babines et surtout on découvre que les pépins de pommes ont un goût de massepain, que les pommiers se mettent, même en juin, à bourgeonner une seconde fois…On se régale avec cette belle histoire d’humour, d’amour, inattendue, sauvage mais pleine de tendresse…un vrai délice la vie avec Iris !

« Anna aimait les boscops, Bertha les cox orange. En automne les chevelures des deux soeurs exhalaient un parfum de pommes, leurs vêtements et leurs mains également. Elles faisaient de la purée de pommes et du jus de pommes et de la gelée de pommes à la cannelle, et la plupart du temps, elles avaient des pommes dans les poches du tablier et une pomme entamée à la main. Bertha commençait par croquer rapidement un large anneau autour du ventre de la pomme puis elle grignottait prudemment le bas autour de la fleur, ensuite le haut entourant le pédoncule, quant au coeur, elle le jetait au loin par-dessus l’épaule.

Anna mangeait lentement et consciencieusement, de bas en haut – tout. Les pépins, elle les mâchonnait durant des heures. Lorsque Bertha lui disait que les pépins étaient empoisonnés, Anna répliquait qu’ils avaient un goût de massepain. Elle ne recrachait que la queue. »

« Il ferma les yeux, la bouche était chaude et avait un goût de pomme. De boscop. Et d’amande amère. Un goût qu’il ne devait jamais oublier. Avant qu’il eût pu dire quelque chose, la bouche de la jeune fille se posa de nouveau sur la bouche de Carsten qui lui rendit son baiser, et tous deux s’affaissèrent alors dans l’herbe, sous le pommier, et c’est en haletant et avec des gestes maladroits qu’ils se débarrassèrent mutuellement de leurs habits. [...] Mais ils le firent et firent encore bien davantage, et la terre s’embrasa autour d’eux, et le pommier sous lequel ils étaient étendus se mit, bien que l’on fût déjà en juin, à bourgeonner pour la seconde fois. « 

Extraits des pages 71 et 78 – Le goût des pépins de pommes – Katharina Hagena – Le livre de poche – Prix des lecteurs, sélection 2011