Carnassiers, à vos Bifteck !

janvier 21st, 2012 by L'épicurieuse Categories: Les livres se dévorent... No Responses
Carnassiers, à vos Bifteck !

Et si les bouchers savaient faire chanter la chair comme personne ?

Intriguant…mais c’est tout le talent d’André, pourtant. Fils de boucher à Plomeur, amateur de chair tendre, de bonnes bouffes où les légumes, en petite quantité, ne viennent qu’assaisonner.

Côtelettes, épaules, palettes, palerons, colliers, filets, faux-filets, langues, rognons, ris, foies, cervelles, onglets, entrecôtes, aloyaux…Mais c’est l’araignée que viennent chercher les épouses des maris partis au front. L’élue, dont il fera chanter la chair à la pause déjeuner, aura reçu dans son panier ce morceau de choix tant convoité qui mène au plaisir suprême !

Mais une fois l’armistice signée et les maris rentrés, les pauses déjeuner d’André prendront une toute autre fin. Ses amours illicites arriveront par un beau matin, dans des paniers en osier…et c’est bientôt sur son perron qu’il découvrira un a un ses 7 rejetons bretons.

Puis poursuivi par un mari, il prendra ses jarrets à son cou et embarquera avec la chair de sa chair pour un voyage totalement utopique vers l’Amérique.

Vite vite lisez les premiers chapitres farcis de métaphores alléchantes…et mettez-vous à table pour ne pas rester sur votre faim !

 

Bifteck - Martin Provost

 

Parce que les pépins de pommes ont du goût…

août 26th, 2011 by L'épicurieuse Categories: Les livres se dévorent... No Responses
Parce que les pépins de pommes ont du goût…

Si si…on plonge son nez dedans…on hume les saveurs, on respire les bonnes odeurs…On le dévore, on se lèche les babines et surtout on découvre que les pépins de pommes ont un goût de massepain, que les pommiers se mettent, même en juin, à bourgeonner une seconde fois…On se régale avec cette belle histoire d’humour, d’amour, inattendue, sauvage mais pleine de tendresse…un vrai délice la vie avec Iris !

« Anna aimait les boscops, Bertha les cox orange. En automne les chevelures des deux soeurs exhalaient un parfum de pommes, leurs vêtements et leurs mains également. Elles faisaient de la purée de pommes et du jus de pommes et de la gelée de pommes à la cannelle, et la plupart du temps, elles avaient des pommes dans les poches du tablier et une pomme entamée à la main. Bertha commençait par croquer rapidement un large anneau autour du ventre de la pomme puis elle grignottait prudemment le bas autour de la fleur, ensuite le haut entourant le pédoncule, quant au coeur, elle le jetait au loin par-dessus l’épaule.

Anna mangeait lentement et consciencieusement, de bas en haut – tout. Les pépins, elle les mâchonnait durant des heures. Lorsque Bertha lui disait que les pépins étaient empoisonnés, Anna répliquait qu’ils avaient un goût de massepain. Elle ne recrachait que la queue. »

« Il ferma les yeux, la bouche était chaude et avait un goût de pomme. De boscop. Et d’amande amère. Un goût qu’il ne devait jamais oublier. Avant qu’il eût pu dire quelque chose, la bouche de la jeune fille se posa de nouveau sur la bouche de Carsten qui lui rendit son baiser, et tous deux s’affaissèrent alors dans l’herbe, sous le pommier, et c’est en haletant et avec des gestes maladroits qu’ils se débarrassèrent mutuellement de leurs habits. [...] Mais ils le firent et firent encore bien davantage, et la terre s’embrasa autour d’eux, et le pommier sous lequel ils étaient étendus se mit, bien que l’on fût déjà en juin, à bourgeonner pour la seconde fois. « 

Extraits des pages 71 et 78 – Le goût des pépins de pommes – Katharina Hagena – Le livre de poche – Prix des lecteurs, sélection 2011

Teulé en cuisine…

juin 3rd, 2011 by L'épicurieuse Categories: Les livres se dévorent... No Responses
Teulé en cuisine…

Ô Darling !…avec ce roi poète en cuisine…Je,…suis loin du suicide sous l’arc-en-ciel !

« Au déjeuner il y avait du poulet. En découpant la volaille, Maurice mit de côté le bréchet : ce petit os en « Y » qui rassemble les clavicules et le sternum des oiseaux. Il est censé porter bonheur à celui des deux qui, en le tirant de chaque côté jusqu’à le casser, récupérerait aussi la base. Après avoir distribué les cuisses, les blancs et les ailes, gardé pour lui les sot-l’y-laisse, le peintre s’essuya les mains et tendit l’os au centre de la table :

- Faites un voeu !

Léone et Marc, assis face à face, tirèrent chacun sur une des deux branches. L’os se cassa net au milieu, base fendue pile par la moitité, ce qui n’arrive jamais.

- Vous avez gagné tous les deux, dit le peintre en se levant pour aller chercher du vin. Ou perdu…rajouta-t-il en s’asseyant et voulant servir Léone.

(…)

Marc regardait sa moitié d’os et y vit des traces régulières. Sainte-Rose l’avait en fait prédécoupé en douce avec son couteau-scie, dans sa serviette sous la table.

Extrait de « Bord cadre » – Jean Teulé – Editions Julliard.